Les Galápagos, une merveille géologique et biologique

L’émergence des îles Galápagos a débuté il y a plus de 5 millions d’années. C’est le fruit d’un processus fascinant : sous l’océan, une colonne de roche en fusion d’une profondeur de 3km et d’un diamètre de 90km perce l’écorce terrestre et génère la naissance de plusieurs volcans : les îles Galápagos sont nées ! Parsemant le Pacifique à plus de 1000 km des côtes continentales, l’archipel est en plein sur la ligne équatoriale…

La façon dont la vie est arrivée sur ces volcans est tout aussi fascinante. Certains courants marins, réchauffés par le sous-sol des Galápagos et modifiés au contact de la roche volcanique, ont permis le développement d’une population impressionnante de… plancton. Plancton qui a attiré une faune aquatique nombreuse, laquelle a, à son tour, attiré nombre d’oiseaux migrateurs.

C’est ainsi que de nombreuses espèces sont arrivés par les eaux et par les airs, quand d’autres sont venues…en flottant ! C’est le cas d’un certain nombre d’insectes, transportés par des branches sèches à l’état larvaire, ou de la fameuse iguane des Galápagos, qui selon certains scientifiques aurait été portée par branchages depuis l’Amérique centrale. Parallèlement, le vent et les oiseaux se sont chargés d’apporter des graines…

Le résultat de cette impressionnante épopée biologique est la coexistence d’espèces insolites, venues de lieux très variés, qui ont ensuite évolué de façon isolée des espèces continentales, pour s’adapter à ce nouvel environnement unique.

Cela fait des Galápagos un lieu privilégié pour l’observation de la vie animale. Les animaux de l’archipel sont par ailleurs habitués à la présence humaine et ne s’en effraient pas. Vous pourrez donc les approcher sans trop de difficultés, en veillant bien sûr à respecter les recommandations pour le respect de la vie animale.

Les reptiles

Les tortues géantes et les iguanes des Galápagos sont sans conteste les plus emblématiques de l’archipel. Actuellement, les Galápagos compteraient 15.000 tortues géantes, membres de 8 espèces différentes. Ces sympathiques reptiles peuvent vivre plusieurs centaines d’années, et survivent assez longtemps sans eau ni nourriture. De ce fait, elles ont longtemps été capturées pour servir de réserve de viande sur les bateaux. Heureusement, les prises de conscience écologiques ont permis de mettre en évidence la fragilité de leur existence et l’importance de préserver toutes les espèces animales, en dépit de la voracité humaine.

George le Solitaire, le dernier spécimen de Chelonoidis abingdonii, s’est éteint en 2012. Les efforts de conservation entrepris depuis le début de notre siècle ont permis la réintroduction dans leur milieu naturel de nombreuses tortues géantes élevées par l’Homme, et vous pourrez en observer sur la majorité des îles. D’autres espèces de tortues, de la famille des tortues vertes et des tortues marines, sont également présentes.

Quant aux iguanes des Galápagos, cette famille venue d’Amérique centrale s’est massivement développée sur l’archipel, et ses représentants arborent leurs couleurs variées sur les plages de la majorité des îles. Vous pouvez vous approcher en toute confiance, ces charmantes bestioles sont végétariennes. Il existe trois espèces principales d’iguanes terrestres aux Galápagos : l’iguane de Santa Fe, l’iguane des Galápagos, et l’iguane dite « iguane rose des Galápagos ».

Le monde marin

Vous pourrez également découvrir le foisonnant monde marin des Galápagos : nager avec les tortues marines et les otaries, observer les baleines, les dauphins et les orques à certaines époques, ainsi qu’une grande population de poissons tropicaux.

Les plus extraverties, et vous vous en apercevrez vite, sont les otaries. Elles sont plus de 50 000 sur l’archipel, et passent la majorité de leur temps à se reposer sur les plages et les rochers, ou à nager et à jouer dans l’eau. Elles ne sont pas effrayées par les humains, et vont même jusqu’à la criée pour récupérer leur part de la pêche ! Leur cousine, l’otarie à fourrure des Galápagos, est un peu plus discrète. Menacée d’extinction au XIXème siècle, cette espèce est aujourd’hui représentée par 30 000 individus sur l’archipel.

Les Galápagos abritent également une grande diversité de requins (requins soyeux, requins marteaux, requins des Galápagos, requins baleines, requins à pointe noire, requin à pointe blanche) et de raies, qui peuvent mesurer jusque 9 mètres ! Pas d’inquiétude à avoir au sujet des requins, ceux-ci ne sont pas dangereux pour l’Homme. Le seul risque de les voir s’intéresser à vous serait une coupure sur les coraux, ce qui est peu probable si vous êtes bien équipé. En réalité, ce sont plutôt les requins qui se méfient des humains. Quoiqu’interdite, la pêche aux requins est un véritable fléau : le plus souvent, les pêcheurs ne prennent que leur aileron. Ils les capturent, découpent leur aileron, qui sera exporté pour la confection de soupe, dont sont friands les asiatiques, et abandonnent les corps en mer.

Les poissons que vous pourrez facilement observer lors d’excursion de plongée ou de snorkeling sont les suivants : les poissons-demoiselles bleus, les poissons de la famille des poissons-anges, les acanthures, les zancles cornus, les poissons-perroquets bleus et les poissons-ballons.

Sur les plages, vous pourrez aussi observer les Grapsus grapsus, de petits crabes rouges typiques de l’archipel.

Pour l’observation des orques, la période la plus propice court de juillet à novembre, entre les îles Isabela et Fernandina. Ces impressionnants mammifères peuvent aller jusque 55 km/h quand ils sont en chasse. Heureusement, ils ne représentent pas de danger pour l’Homme.

La période propice à l’observation des baleines est la même que pour les orques.

Les oiseaux

L’archipel abrite 58 espèces d’oiseaux, ce qui en fait un lieu privilégié pour leur observation. Les plus connus d’entre eux sont :

- les frégates, avec leur cou rouge, que les mâles gonflent pendant la saison des amours pour attirer les femelles ;

-les fous à pattes bleues, uniquement présents sur certaines côtes Pacifique du continent américain, et qui offrent un spectacle particulièrement comique pendant la période de reproduction ;

-les cormorans aptères, espèce propre aux Galápagos, qui a perdu sa capacité de voler et développé celle de plonger et nager ;

-les fous à pieds rouges ;

-et les pinsons des Galápagos, qui auraient inspiré à Darwin sa théorie de l’évolution des espèces.

Les treize espèces de pinsons présentes aux Galápagos auraient en effet un ancêtre commun, qui aurait évolué de façon différente selon les îles, en fonction de l’alimentation présente sur chacune d’entre elle.

Quant aux cormorans aptères, c’est la seule espèce au monde d’oiseaux marins qui ne volent pas, avec les pingouins. Cette espèce n’existe qu’aux Galápagos et est aujourd’hui composée d’environ 700 couples.

L’archipel abrite également une espèce unique d’albatros : l’albatros des Galápagos. Sans les courants marins propres à l’archipel, cet oiseau disparaîtrait : en effet, il a besoin de ces courants pour se déplacer vers les zones où il s’alimente. C’est le plus grand oiseau des Galápagos (il pèse 5 kg et a plus de deux mètres d’envergure) et c’est l’unique espèce d’albatros en Équateur.

Vous croiserez également différents types de mouettes, des buses, des pélicans, des pétrels, des colombes, des flamants roses, et des pingouins. Venus d’Arctique, ces derniers se sont considérablement adaptés à l’environnement de l’archipel : leur taille a été divisée par deux, et leur pelage est bien plus fin. Il n’existe aucune autre espèce de pingouin dans le monde qui vive sous les tropiques.

Près de 200 espèces végétales

Les Galápagos sont également une destination de choix pour les amateurs de la flore. Il y existe plus de 800 espèces végétales, dont plus de 200 sont endémiques. L’une des plus impressionnantes, la Scalesia, est de la famille des pissenlits.

En l’absence d’arbres lui faisant de l’ombre, elle est devenue très grande et les Galápagos abritent aujourd’hui de véritables forêts de Scalesia, mesurant jusque 3 mètres de haut. Cette espèce a pour particularité le fait de pouvoir se développer dans les crevasses, sans terre ni eau, car elle capte l’humidité environnante et produit son propre terreau.